Synergies d’action pour la préservation des écosystémes: Le modèle du RENPEM à l’épreuve dans la reserve transfrontalière du Nord

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Dossier réalisé par Mohamadou Sagne

Dans le village de Gnith, département de Dagana, le réseau Nord pour la protection de l’environnement mondial (RENPEM), constitue une réponse des organisations communautaires de base (OCB) dans la preservation des écosystèmes.
Plus particulièrement, face aux menaces qui pèsent sur la nature et les oiseaux. Ayant pignon sur rue à Saint-Louis, le réseau a été mis en place par des jeunes des villages périphériques des parcs et réserves dans le Nord du Sénégal. Des villages d’ailleurs qui couvrent les régions de Saint-Louis, de Louga et de Matam, qui se sont constitués en un réseau dont les différents membres contribuent de fort belle manière à la stratégie d’amplification des impacts des projets environnementaux exécutés par les organisations communautaires de bases (OCB). Et cela, à travers de petites subventions avec comme axe prioritaire, l’option des zones de concentration géographique et thématique.

Une zone de paysages attrayants

Avec un paysage attrayant, un climat favorable, la région de Saint-Louis abrite les zones humides les plus importantes du Sénégal. « Ici l’essentiel des écosystèmes naturels sont constitués d’aires protégées d’importances stratégiques et inscrites sur la liste des zones humides d’importance internationale par la convention de Ramsar ou classée site du patrimoine mondial de l’UNESCO », nous fait savoir El hadj Maguette Diaw, le président du réseau.Tout ce paysage est constitué d’aires centrales de la Réserve de biosphère du delta du Fleuve Sénégal (RBTDS), autour du Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD).
« C’est un véritable paradis des oiseaux migrateurs considéré pourrait-on dire comme la troisième réserve ornithologique du monde dont le nombre d’oiseaux migrateurs est estimé à plus de trois millions, répartis en trois cent cinquante (350) espèces sur 16 000ha pour un effectif total estimé à plus de 3.000.000 d’individus au plus fort de la saison (décembre) avec 90% d’oiseaux d’eau », nous révèle le président du Renpem.
Mais, d’un autre côté, souligne-t-il, « on retrouve la Réserve spéciale de faune de Gueumbeul avec ses 720 hectares. Elle constitue également un site d’acclimatation pour les antilopes saharo-sahéliennes (Oryx, Gazelle Dama Mhorr, Addax, Gazelle dorcas) tout en étant aussi considéré comme un sanctuaire pour les tortues terrestres ».
Dans cette région nord, le Parc national de la Langue de Barbarie se positionne aussi avec 2000 hectares, comme unique site de reproduction pour les tortues marines (tortue verte et tortue olivatre) de la façade maritime de la région de Saint-Louis. Il y a également l’Aire marine protégée de Saint-Louis (49600 hectares) qui a été créée en 2004 et qui abrite d’importantes zones de frayère et nourricières pour les poissons.
El Hadji Maguette Diaw fait savoir également qu’il existe site important dont, selon lui, « le Ndiael, avec ses 46 650 hectares, qui a ete créé en février 1965 mais à titre de compensation des cuvettes de Mbodom et de Djeus pour les besoins de réalisations d’aménagements hydro agricoles de la vallée ».
Par ailleurs, ajoute Mr Diaw, « la région abrite la partie sénégalaise de la réserve de biosphère transfrontière du Delta du Fleuve Sénégal (RBTDS) avec une population de 487111 habitants. Un zone reconnue par l’UNESCO comme un modèle conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable ».

Sauvegarde des écosystèmes

Ainsi, depuis 2002, le réseau nord pour la protection de l’environnement mondial (RENPEM), à travers les associations des éco gardes au nord, s’investit dans la sauvegarde de ces écosystèmes à travers un appui constant des agents des parcs nationaux dans les activités de sensibilisation, de suivi écologie, de patrouille », selon son président El hadj Maguette Diaw. Il a souligné que dans cette dynamique, plusieurs projets ont été élaborés et exécutés au bénéfice des populations périphériques des parcs et réserves du Nord.
« Cela, en s’appuyant sur nos principaux objectifs de protection de la nature et des oiseaux, la préservation de la biodiversité, la conservation des Lacs et Cours d’eau avec les principes de la GIRE, lutter contre les accaparements des terres et promouvoir la souveraineté alimentaire ».
 

Emergence d’aires protégées des territoires

Il faut noter d’autres parts, que par rapport au potentiel eco systémique de la région de Saint-Louis, on peut également noter d’autres sites comme les aires protégées qui ont été créées par les Collectivités territoriales. A l’image du Patrimoine régional des trois marigots (APR/3M) d’une superficie de 30 000 ha à cheval entre les communautés rurales de Gandon, Fass Ngom et Diama, il y a la Réserve naturelle communautaire (RNC) de Gandon ainsi que la Réserve naturelle communautaire de Tocc- Tocc dans la zone de Ronkh avec 270 ha. En plus de ses aires on retrouve aussi dans la région de nombreux massifs forestiers qui abritent des espèces fauniques riches et variés.
« La valeur et la qualité de cette biodiversité régionale sont intégrées dans un vaste réseau de ramification d’eau douce fourni par le fleuve Sénégal », a fait savoir El hadj Maguette Diaw. Ceci, à l’image du Gorom en aval et en amont, le Ramsar, le Kassac, la Taouey, le Nietty Yone. Et, il y a le Lac de Guiers, principale réserve d’eau douce du Sénégal avec une superficie de 250 km2 et 400 millions de m3 d’eau en moyenne qui s’est inscrit au centre des enjeux de la ressource en eau puisqu’assurant pour l’essentiel : 70% des besoins en eau potable de Dakar, 100% des besoins d’eau de 200 000 hts des villages riverains du lac, 100% des besoins en eau de la ville de Saint-Louis à partir de la réserve de Bango. Il s’y ajoute les perspectives de mise en valeur progressive de 100 000 ha de terres selon les estimations de l’Office du Lac de Guiers et en plus de l’alimentation en eau du bétail et le développement de la pêche continentale.
Cependant, selon le président du Renpem, « cet écosystème riche et varié est aujourd’hui fortement menacé par les effets des changements climatiques et l’exploitation abusive et incontrôlée des ressources naturelles, de la raréfaction progressive des dites ressources. Dont la pollution de l’eau et des sols dues aux rejets de polluants organiques persistants, les pratiques agricoles inappropriées (engrais, pesticides, mauvais drainage, déchets industriels), la réduction des formations forestières et ligneuses, le tarissement rapide et le repli de la nappe phréatique auparavant affleurant avec des eaux de bonne qualité, les effets néfastes des aménagements hydro agricoles, la salinisation des sols, la raréfaction des ressources halieutiques et les érosions côtières, entre autres.

Perspective de développement

Aujourd’hui, les acteurs sont engagés dans une nouvelle perspective de développement économique durable, pour promouvoir des comportements écologiques. Tout ceci constitue le principal défi pour la région de Saint-Louis à travers son programme régional de développement intégré (PRDI). Mais, il faut souligner que la forte pression sur les zones humides, associée aux mauvaises pratiques d’exploitations des ressources naturelles entraîne leur fragilisation, laquelle se répercute sur la qualité des différents produits de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche. Sans omettre cependant les nombreux dégâts sur l’habitat de la faune.
« Toutefois, la région de Saint-Louis compte d’importantes organisations dynamiques de conservation et de protection de la nature, et s’organise pour mobiliser l’ensemble des acteurs  pour qu’ensemble l’adoption de comportements écologiques, devienne une réalité dans nos gestes quotidiens », a souligné El hadj Maguette Diaw.

RENPEM Réseau Nord pour la Protection de l’Environnement Mondial
M. SAGNE
 

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