Situation des malades mentaux au Sénégal: Le spectre du « voisinage à risques »

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La route de Louga a été le théâtre d’un drame effroyable,.ce dimanche 30 mars 2025, veille de la Korité. Un malade mental errant a violemment attaqué des véhicules et des passants, provoquant la mort tragique de Mme Sylla, née Sokhna Keita, Secrétaire du Vice-recteur de l’Université Gaston Berger (UGB), ainsi que d’une autre personne. Ce fait divers poignant relance le débat sur la prise en charge des malades mentaux errants au Sénégal et l’inaction des autorités face à ce phénomène.

Une loi inappliquée

Le Sénégal dispose d’une législation claire sur la gestion des malades mentaux errants. C’est la loi n n° 75-80 du 9 juillet 1975, relative au traitement des maladies mentales et au régime d’internement de certaines catégories d’aliénés. Celle-ci impose aux autorités administratives, notamment aux préfets, de prendre des mesures pour les mettre hors d’état de nuire et assurer leur prise en charge. Malheureusement, cette loi demeure lettre morte dans de nombreuses localités, où ces personnes vulnérables sont abandonnées à elles-mêmes, souvent en proie à la misère et à la violence.
Ce manquement est d’autant plus grave que les préfets, en tant que représentants de l’État, ont le devoir régalien de veiller à l’application stricte de cette loi. En ne prenant pas les dispositions nécessaires, ils faillent à leur mission et exposent les populations à des risques majeurs. Cette inaction conduit à une situation absurde où les victimes de ces agressions ne peuvent même pas espérer une indemnisation, l’auteur des faits étant juridiquement irresponsable en raison de sa maladie mentale.
Ainsi, des citoyens sont contraints de vivre dans une insécurité permanente, côtoyant des individus imprévisibles qui, loin d’être de simples « malades », peuvent parfois représenter un véritable danger public. Cette situation incongrue ne peut perdurer. Il est impératif que les autorités administratives assument leurs responsabilités et procèdent à une prise en charge efficace et humaine des malades mentaux errants.

Une charge sociale négligée

Les malades mentaux errants représentent une double charge pour la société. D’une part, ils sont victimes d’un système de santé défaillant qui ne leur offre ni suivi médical ni structure d’accueil adéquate. D’autre part, ils deviennent, dans certains cas, un danger pour eux-mêmes et pour autrui, comme l’illustre tragiquement l’incident de Louga.
Une autre circonstance aggravante est que le malade mental en traitement est exempt de poursuites judiciaires. Partant, ces malades mentaux deviennent des dangers pour la population laissée à elle-même et obligée de subir, parfois, le diktat de malades mentaux qui peuvent être des schizophrènes. La schizophrénie est un trouble mental grave qui affecte la pensée, les émotions et le comportement. Elle se manifeste par des hallucinations, des délires, une perte de contact avec la réalité et des troubles cognitifs, ce qui peut rendre certains patients imprévisibles et dangereux en l’absence de prise en charge médicale adaptée.
Il est donc nécessaire que l’État assume ses responsabilités en renforçant les structures psychiatriques et en appliquant les textes législatifs existants.

Un Appel à l’Action

Face à cette situation, les autorités administratives et sanitaires sont interpellées sur l’urgence d’une prise en charge effective des malades mentaux errants. Des actions concrètes doivent être mises en place : Le recensement des malades mentaux errants pour évaluer l’ampleur du phénomène, est un impératif.
Il faut aussi,.l’amélioration et la multiplication des structures de soins psychiatriques.
L’implication des services sociaux pour assurer un suivi des patients après leur prise en charge doit être également une priorité.
Dans ce même ordre d’idées,.les autorités doivent ,.également s’atteler à organiser une campagne nationale de sensibilisation pour mobiliser la société civile et les acteurs concernés.
L’incident de Louga ne doit pas rester une tragédie isolée. Il est temps que les pouvoirs publics agissent de manière proactive pour prévenir d’autres drames et garantir la sécurité de tous. L’inaction n’est plus une option.
Babou Biram FAYE

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