Ne banalisons pas le cas DIAS, attention à cette soif aveugle de vengeance !

Barthélémy Dias avait été condamné en septembre 2022 pour « coups mortels ». Était-ce un crime ou un délit ? Questions fondamentales aux réponses lourdes de conséquences (positives ou négatives).
En tout cas au regard des raisons de cet incident malheureux survenu en 2011 sous le régime du président WADE, tout porte à croire que Barthélémy Dias avait subi une offense de « Nervis » envoyés à l’époque et qui eurent l’outrecuidance d’entrer dans les locaux de la mairie des Sicaps Baobabs Mermoz… où il était le premier magistrat.
En ces temps le Sénégal était sujets à de vifs remous politiques et sociaux avec d’innombrables manifestations dues aux coupures intempestives d’électricité combinées à des émeutes tous azimuts jusqu’à ceux dits de la faim. Le régime d’alors était cerné. Tous les moyens étaient bons pour eux, ne serait-ce que pour souffler un peu et tuer dans l’oeuf la détermination du peuple sénégalais d’alors qui ne voulait que le départ du président WADE.
Dans ces conditions, les innocents Ndiaga Diouf et Cie furent envoyés « faire le ménage chez Barth ». Il usa de son « droit à la résistance » comme aimait à le dire l’actuel premier ministre. Et l’irréparable se produisit. Près de 14 ans après, cette histoire est déterrée.
L’actuel régime en disgrâce avec Dias souhaite, après l’avoir radié de l’assemblée nationale, le révoquer de son fauteuil de maire de la ville de Dakar. Sur quelles bases? Celles d’un délit ou d’un crime ?
En tout cas l’article 135 du Code général des Collectivités territoriales dispose en son premier alinéa que : « la révocation d’un maire n’est possible que s’il est condamné pour crime et non pour délit ». Cette disposition est d’ailleurs en phase avec l’article 1er alinéa 2 du Code pénal. Suivons la suite mais attention, il ne faut pas banaliser le cas DIAS juste pour satisfaire un désir de vengeance.
Mamadou Biguine Gueye