Mamadou Koumé évoque « la Françafrique du football

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L’influence des hommes politiques français sur leurs homologues africains en politique a son équivalent dans le domaine du football, a laissé entendre le président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) du Sénégal, Mamadou Koumé, mardi, à Dakar, en parlant de « la Françafrique du football ».

« On parle beaucoup de la Françafrique politique, mais il y a aussi la Françafrique du football. Ça existe. Quand une dizaine d’entraîneurs français viennent entraîner 16 équipes africaines, c’est parce qu’il y a un travail qui est fait » dans l’ombre par la France, a soutenu le journaliste.
« Le Quai d’Orsay (Ndlr : le ministère français des Affaires étrangères), la Direction technique nationale » de la Fédération française de football et certains médias, dont « Canal+ et Radio France International » contribuent à la forte présence des techniciens français dans le football africain, selon ce journaliste sportif.
Il existe, selon Mamadou Koumé, « une Françafrique du football », dont les serviteurs « ont volé au secours de Giresse », l’entraîneur français qui a démissionné du poste de sélectionneur du Sénégal en pleine Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, en janvier-février 2015, à Malabo (Guinée-Equatoriale).
Il présentait une communication à partir de la question de savoir si les journalistes sportifs sénégalais ont failli ou pas, dans l’exercice de leur métier, dans la manière d’interviewer Alain Giresse après sa démission, à la suite de l’élimination des Lions du Sénégal de la CAN.
Mamadou Koumé intervenait au lancement de la série des « cas d’école », que le Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie (CORED), « le tribunal des pairs » des médias au Sénégal, entend dérouler pour discuter des règles de déontologie du métier de journaliste.
« Les journalistes sportifs sénégalais n’ont pas failli à leur mission, même si on peut reprocher à certains d’avoir suivi Giresse sur son terrain », lors de l’incident de Malabo, a souligné le président de l’ANPS.
Il dit avoir déploré l’attitude de certains journalistes à l’égard d’Alain Giresse, lors de la conférence de presse d’après-match de ce dernier.
Une querelle a éclaté entre le sélectionneur des Lions du Sénégal et certains journalistes sénégalais, Alain Giresse s’étant plaint de la manière dont certaines questions lui ont été posées.
« Ce n’est pas comme cela que j’ai appris à poser des questions », a dit Mamadou Koumé, rappelant que le journaliste doit s’adresser à ses interlocuteurs en faisant preuve de « respect » à leur égard. « Nous ne sommes pas responsables de l’attitude des organes de presse. Mais chaque fois qu’il y a des manquements, nous pouvons leur dire que ça ne va pas », a ajouté le président de l’ANPS.
« Je pense que la lutte, le football et le basketball sont des disciplines tellement importantes dans ce pays que, forcément, les fédérations doivent mieux s’organiser pour l’information des journalistes », a ajouté Mamadou Koumé, ancien directeur général de l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Cheikh Tidiane Fall, journaliste sportif, ancien responsable de la communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), a souligné la « nécessité d’avoir des structures qui servent d’interface entre les professionnels des médias et le monde sportif », pour éviter les malentendus comme celui de Malabo.
Diatou Cissé, l’ex-secrétaire générale du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), a adhéré à cette proposition. Selon elle, il doit y avoir une structure chargée de faciliter les relations entre les fédérations sportives, les journalistes sportifs et les entraîneurs.
Kader Diop, membre du CORED et ancien journaliste à l’Agence France-Presse (AFP), a, en parlant de l’incident de Malabo, évoqué le devoir des journalistes d’être critiques envers leur interlocuteurs, « sans être insolents » avec eux.

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